Thérapie brève et hypnose

Jérémy Royaux

Lectures

Dans cette section vous trouverez des lectures qui pourraient vous intéresser.

Stoicisme et psychothérapie

Lundi, 20 Mars 2017 11:56

J'ai participé à la traduction d'un billet de Massimo Pigliucci (Stoicism 101) présentant le stoicisme contemporain. Il y a des liens assez intéressants entre cette philosophie et la psychothérapie.

Article disponible ici :

https://theierecosmique.com/2017/01/27/une-introduction-au-stoicisme-15-min/

J'ai également présenté l'article en version audio sur le podcast Scepticisme Scientifique :

http://www.scepticisme-scientifique.com/episode-373-introduction-au-stoicisme/

 

débat "pour ou contre la thérapie brève"

Mercredi, 16 Septembre 2015 16:55

Le mardi 02 juin 2015, le Dr Eric MAIRLOT était l'invité de l'animatrice Charlotte BAUT sur RTL TVI pour l'émission "Pour ou contre". Il s'agit d'un débat télévisé où le Dr psychanalyste Guy MARUANI  défend la psychanalyse et eric Mairlot défend la thérapie brève.

Le débat est intéressant et montre bien la différence entre les deux approches

Le Dr Eric Mairlot, neuro-psychiatre, commence sa formation en Hypnose voici ns, à l'hôpital Universitaire de Genève puis également aux Etats-Unis et à Paris. Il est ensuite chargé de cours pour le Diplôme Universitaire d'hypnose à la Pitié-Salpétrière (Paris VI). Il a été consultant à l'ULB et auprès des hôpitaux universitaires de Bruxelles pendant ns. Président de l'Institut de Nouvelle Hypnose, médecin-directeur du CTB (Centre de Thérapie Brève) il est formateur en hypnose médicale, psychotérapeutique et en auto-hypnose

 

http://www.rtl.be/rtltvi/video/538444.aspx?CategoryID=4731

 

quelques nouvelles de la recherche

Jeudi, 06 Août 2015 17:11

voici quelques nouvelles de la recherche sur l'hypnose, en passant par l'Institut Français d'hypnose

 

Actualités de la recherche scientifique

Par Antoine Bioy, Expert Scientifique de l’IFH
Professeur de psychopathologie et psychologie médicale (Université de Bourgogne) – Docteur en psychologie clinique

Vector illustration of Light bulb idea with human brainCommençons par les actualités dans le soin. Kamen et coll. (2014) confirment l’intérêt de l’hypnose dans les nausées et vomissement liés à la chimiothérapie chez les patients atteints de cancer (avec l’avantage très formel de ne pas nécessiter de matériel et que le patient peut apprendre l’autohypnose et donc pratiquer seul). Toujours dans le cancer, une étude prospective de Paquier et coll. (CHU de Poitiers) montre l’intérêt d’une séance d’hypnoanalgésie accompagnant la photothérapie dynamique (traitement de lésions cancéreuses ou précancéreuses). Les conclusions restent, pour les auteurs, à confirmer avec une méthodologie plus contrôlée qu’ils ne l’ont fait. Cependant, ils ajoutent une pierre importante à d’autres déjà posées. Ainsi, toujours en dermatologie, cette étude fait écho par exemple à ce qu’avait fait Maillard et coll. (2007) pour valider l’intérêt de l’hypnose lors de l’injection de toxine botulique dans l’hyperhydrose palmaire. Sur un autre sujet, Kekecs (2014) montre que la suggestion dans un cadre de l’éducation thérapeutique a le même effet dans le cadre de la chirurgie de la cataracte. Et dans le champ de l’hypnosedation, Martin et coll (2014) montrent que des suggestions au réveil permettent à des enfants après une amygdalectomie de consommer 70% moins d’antalgiques. A noter une présentation claire du protocole et surtout une publication du script utilisé.

Citons une publication qui n’est pas une recherche en tant que telle mais dont le thème est peu fréquent : celui de l’hypnose en médecine d’urgence (Iserson, 2014). L’article s’interroge sur pourquoi une « mésentente » entre les deux domaines. A priori, une mauvaise connaissance des preuves scientifiques, la croyance persistante que l’hypnose demande forcément du temps, et du calme pour être pratiquée serait à incriminer. Des recherches plus spécifiques en médecine d’urgence permettraient certainement de réduire ces arguments.
Enfin, Jensen et Patterson (2014) livrent une très bonne analyse des connaissances actuelles sur la façon dont l’hypnose agit sur les douleurs chroniques. Ils dégagent trois axes cliniques essentiels qui résultent des connaissances que nous avons : l’autohypnose constitue la voie de chronicisation des soulagements, il est important de fixer avec le patient des objectifs qui vont au-delà de la simple diminution de la douleur et enfin il est nécessaire de travailler avec le patient autour des « espoirs raisonnables », autrement dit sur le niveau réaliste de changement qu’il est possible d’atteindre. On voit bien qu’au-delà de la technique, c’est une construction pertinente de la stratégie thérapeutique qui va avoir un intérêt.
En hypnothérapie, partons une nouvelle fois vers la question du tabac, l’une des indications prototypiques de l’hypnose, en même temps qu’elle est l’objet de nombreuses controverses quant à son efficacité réelle et notamment vis-à-vis d’autres pratiques. Hasan et coll. (2014) montrent de façon claire que l’hypnothérapie est plus efficace que les substances nicotiniques pour maintenir l’abstinence tabagique post-hospitalisation. A 12 semaines, c’est la combinaison hypnose/substituts qui est la solution la plus efficace alors qu’à 26 semaines, l’hypnothérapie seule offre de meilleurs résultats que la combinaison que nous venons de citer. Peut-être du fait que l’utilisation de la nicotine maintient malgré tout un lien à la consommation plus importante que si l’on mobilise seulement les ressources du patient, en dépassant le besoin métabolique ? A noter qu’il s’agit bien d’hypnothérapie, c’est-à-dire de l’usage de l’hypnose dans un cadre psychothérapeutique (ici en approche rogérienne). Quant à Rüther (2014), il rappelle que l’hypnose présente un intérêt pour diminuer la dépendance tabagique chez des patients possédant des troubles psychiatriques. A propos de psychopathologie et en neurosciences, Connors et coll. (2014) confirment le lien entre l’hypnotisabilité, la propension aux productions délirantes et les organisations « schizo » (ici, schizotypie). Autrement dit, l’hypnose est bien à considérer sur un continuum allant du normal au pathologique. Mais ils montrent par l’usage de deux suggestions (non reconnaissance de son image dans le miroir et suggestion dite de Frégoli : parmi les étrangers, une personne qui se déguise l’espionne) que cela est plus complexe. L’hypnotisabilité n’étant pas toujours prédictive de la réussite des suggestions, il semble exister des facteurs « antérieurs » et qui interviennent dans les processus à l’œuvre. Ils restent à découvrir.

Citons l’étude la plus déroutante de ce trimestre : Carvalho, Mazzoni et Kirsch (2014) cherchent à savoir si les suggestions post-hypnotiques peuvent modifier l’adhésion aux bonnes conduites en santé (ici, de l’exercice physique) ? De façon assez étonnante, les auteurs montrent une diminution du niveau d’adhésion avec ou sans suggestion hypnotique, indépendamment du niveau d’hypnotisabilité, du type et du niveau de difficulté de la tâche à réaliser. Les explications sont encore hypothétiques. Ce qui pourrait être incriminé est que les suggestions post-hypnotiques ne sont pas à proprement parler des cognitions automatiques, et qui donc dureraient dans le temps. L’adhésion à un comportement dans le temps ne serait donc pas plus facilité qu’avec d’autres modalités. Gageons que d’autres études restent à venir sur ce point.

Terminons par un article de Walsh et coll. (2014) sur une vieille technique « exotique » en hypnose : l’écriture automatique (utilisée bien sûr par Erickson, mais avant lui par d’autres personnages illustres comme Ferenczi, durant sa période d’usage de l’hypnose). Ils apportent des preuves neuroscientifiques de la diminution du contrôle, du sentiment d’appartenance d’un mouvement « à soi » et de la conscience de sa propre écriture. La double conscience est à l’œuvre. On est bien loin des explications plus « spiritualisantes » parfois données…

Références bibliographiques

Carvalho C, Mazzoni G, Kirsch I. “ The Effect of Posthypnotic Suggestion and Task Difficulty on Adherence to Health-Related Requests ”. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice. 2014, Vol. 1, No. 1, 92–102
Connors MH. “ Hypnotic analogues of delusions: The role of delusion proneness and schizotypy ”. Personality and Individual Differences 57 (2014) 48–53
Hasan FM et al. “ Hypnotherapy is more effective than nicotine replacement therapy for smoking cessation: Results of a randomized controlled trial ”. Complementary Therapies in Medicine (2014) 22, 1-8
Iserson KV. “ An hypnotic suggestion: review of hypnosis for clinical emergency care ”. The Journal of Emergency Medicine, Vol. 46, No. 4, pp. 588–596, 2014
Jensen MP, Patterson DR. “ Hypnotic Approaches for Chronic Pain Management “. American Psychologist, Vol. 69, No. 2, 167–177
Kamen C, et al. “ Anticipatory nausea and vomiting due to chemotherapy “. European Journal of Pharmacology 722 (2014) 172–179
Kekecs Z et al. “ Effects of patient education and therapeutic suggestions on cataract surgery patients: A randomized controlled clinical trial ”. Patient Education and Counseling 94 (2014) 116–122
Maillard H,Bara C, Celerier P. “ Intérêt de l’hypnose dans les injections palmaires de toxine botulique » A. Ann Dermatol Venereol 2007;134:653-4.
Martin S et al. “ Effects of Therapeutic Suggestion Under Anesthesia on Outcomes in Children Post Tonsillectomy ”. Journal of PeriAnesthesia Nursing, Vol 29, No 2 (April), 2014: pp 94-106
Paquier-Valette C, Wierzbicka-Hainaut E, Cante V, Charles S, Guillet G. « Évaluation de l’hypnose à visée antalgique dans la photothérapie dynamique ». Annales de dermatologie et de vénéréologie (2014) 141, 181-185
Rüther T et al. « EPA Guidance on tobacco dependence and strategies for smoking cessation in people with mental illness ”. European Psychiatry 29 (2014) 65–82
Walsh E. et al. “ Using suggestion to model different types of automatic writing ”. Consciousness and Cognition 26 (2014) 24–36

 

HTB-33-50Article paru dans la revue hypnose et thérapies brèves n°33
Mai / Juin / Juillet 2014

source : http://www.hypnose.fr/articles-et-theses/recherche-hypnose-antoine-bioy/actualites-scientifiques/

 

Comment l'hypnose agit elle?

Jeudi, 06 Août 2015 17:05

 

Vous avez certainement entendu parler de l'hypnose, cet état de sommeil éveillé, dans lequel la personne semble totalement influençable. Mais comment fonctionne cette méthode ? Dans quels cas peut-on y avoir recours ?

Au départ, l'hypnose est une méthode mise au point en psychiatrie. En court-circuitant les processus mentaux, elle permet théoriquement d'atteindre plus facilement l'inconscient. Cela peut permettre de faire ressurgir certains problèmes ou traumatismes liés à l'enfance. Mais comment cela fonctionne-t-il ?

Quelles sont les différentes techniques d'hypnose ?

Il existe deux écoles complémentaires. La première, traditionnelle est basée sur la suggestion. La personne face à l'hypnotiseur subit des injonctions verbales, visuelles et corporelles. Pratiquée jusqu'à Freud, cette technique part du postulat suivant : si l'on suggère à un patient de guérir, il peut guérir. Aujourd'hui encore, les hypnotiseurs de spectacle qui s'amusent à endormir une salle entière, relèvent de cette école.

La deuxième, l'hypnose Ericksonienne, sollicite la participation active du patient. Il s'agit plus d'un état de profonde relaxation, pendant lequel le patient va pouvoir s'exprimer librement. Le thérapeute utilise des métaphores, c'est-à-dire un langage symbolique, pour guider l'inconscient du sujet et l'amener à trouver lui-même les solutions à ses problèmes.

Quand peut-on se faire hypnotiser ?

De plus en plus utilisée en médecine, et en psychothérapie, l'hypnose semble efficace pour lutter contre la douleur, se libérer de certaines dépendances ou mauvaises habitudes (le tabac, le grignotage…), l'anxiété, les troubles de la sexualité et les phobies. Si les mécanismes d'action ne sont pas connus, et que beaucoup de scientifiques évoquent l'effet placebo, certaines hypothèses peuvent expliquer les succès de l'hypnose :

  • Douleurs : Pendant l'état hypnotique, la production d'endorphines est à son maximum. Or ce sont de véritables antalgiques naturels, qui peuvent permettre de diminuer les doses de médicaments en cas de mal de dos, de migraines, etc ;
  • Arrêt du tabac : L'hypnose tente d'agir sur la dépendance psychologique et d'y substituer d'autres comportements. Le praticien va essayer de susciter les suggestions les plus fortes, par exemple l'association tabac-nausées ;
  • Stress : En premier lieu, l'hypnose, proche de la relaxation, diminue rapidement l'impact des agents stressants. Ensuite, l'état hypnotique, peut permettre de trouver le seuil adéquat de stimulation/excitation du bon stress, afin que celui-ci redevienne utile.

Y a-t-il un danger ?

Auréolée d'un certain mystère, l'hypnose évoque à tort une sorte de pouvoir occulte de celui qui l'utilise. Ne vous inquiétez pas, son influence sur votre inconscient n'est pas toute puissante. Il y a des "sécurités" dans notre cerveau qui nous empêchent de faire quelque chose de contraire à nos valeurs. Si vous vous mettez à faire un strip-tease commandé par un hypnotiseur de foire, ce n'est pas qu'il vous contrôle, mais plutôt que vous possédez quelques pulsions exhibitionnistes !

En pratique

Les prix varient entre 53 et 91 €uros pour une séance d'une heure. Cinq à six séances sont parfois nécessaires, selon les problèmes à traiter.

La chirurgie sous hypnose

Bien qu'encore très mystérieuse, l'hypnose est devenue, au cours des dix dernières années, une pratique utilisée dans les services de chirurgie, comme en témoigne l'expérience rapportée lors du congrès mondial d'anesthésiologie par le Pr. Marie-Elisabeth Faymonville du Centre Hospitalier Universitaire de Liège. Dans son service, plus de 4 300 patients ont reçu une "hypno sédation" en lieu et place d'une anesthésie générale classique, principalement pour des interventions de chirurgie plastique ou endocrinienne. Pour expliquer les mécanismes en jeu, l'équipe du Pr. Faymonville a conduit différentes expériences qui ont mis en lumière certaines zones du cerveau. A la lumière des résultats, le Pr. Faymonville estime que "nous pouvons affirmer que les patients sous hypnose activent, au niveau du cerveau, un réseau qui permet de mieux gérer la douleur et ils arrivent ainsi à réduire de façon importante la perception et le désagrément lié à leur douleur (...) Toutes ces études renforcent l'idée que pour lutter contre la douleur, il existe non seulement des stratégies pharmaceutiques mais aussi des stratégies psychologiques". A dire vrai, l'hypnose a probablement existé depuis le début de l'humanité selon le Pr. Alain Foster, du service d'anesthésiologie de l'hôpital cantonal universitaire de Genève (Suisse). En médecine, le phénomène a été décrit pour la première fois en 1821 pour une ablation d'un sein. Mais il faudra cependant attendre 1955 pour que l'hypnose soit enfin officiellement reconnue comme méthode thérapeutique, d'abord par l'association médicale britannique, puis, trois ans plus tard, par l'association médicale américaine. En anesthésie-réanimation, l'hypnose combinée à un état de demi-sommeil et à l'anesthésie locale est maintenant une technique anesthésique qui assure un confort aux patients en cours de chirurgie. Même après l'opération, l'utilisation de l'hypnose diminue nausées et vomissements, soulage la douleur et permet ainsi une récupération plus rapide. Source : Congrès mondial d'anesthésiologie 2004

David Bême sur Doctissimo.

source : http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2001/mag0921/ps_4521_hypnose.htm

 

L'hypnose selon Kevin Finel

Jeudi, 15 Janvier 2015 20:09

Kevin Finel est directeur de l'Arche, un centre de formation à l'hypnose (en France). Il a lancé depuis plusieurs années les "cabinets publics" : des séquences filmées pendant la formation de futur thérapeutes qui sont diffusées gratuitement sur youtube

ceux qui sont intéressés pourront visionner ces vidéos sur youtube ici : https://www.youtube.com/user/ARCHEvideo

et voici le site de l'Arche : http://www.arche-hypnose.com/

J'apprécie assez son travail :)

 

je suis invité à Sceptics in the Pub Bruxelles pour donner une conférence sur l'hypnose contemporaine d'un point de vue sceptique / zététique. La conférence est gratuite et aura lieu le samedi 24 janvier à 20h. Voir le lien plus bas pour les détails

 

L'hypnose continue d'être entourée d'une aura de mystère et de faire l'objet de nombreux fantasmes. Jérémy Royaux, psychothérapeute et membre de l'Observatoire Zététique, tentera de définir l'hypnose contemporaine et de présenter ses différents usages. Il abordera ensuite les conclusions qu'on peut tirer des études scientifiques qui existent sur le sujet. Enfin, il évoquera plusieurs dérives qui sont liées à l'usage de cette pratique.


http://brussels.skepticsinthepub.org/Event.aspx/2214/Lhypnose-contemporaine

 

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