Thérapie brève et hypnose

Jérémy Royaux

consomation de cannabis

Samedi, 10 Décembre 2011 19:22

La nocivité du cannabis

Aujourd’hui, la consommation du cannabis s’est fort banalisée dans notre société. Et pourtant, les conséquences sur la santé psychologique sont alertantes. Le point sur la situation avec Jérémy Royaux, psychothérapeute.

Quels sont les effets au niveau psychologique/mental de fumer un ou plusieurs joints par jour ? Et sur une longue période ?

“Le cannabis, quand il est consommé tous les jours, et pendant une période longue, amène différents troubles cognitifs. Il perturbe le fonctionnement de la mémoire et de l’attention, ce qui peut aboutir à des difficultés à l’école ou sur le lieu de travail. Le cannabis modifie également l’état émotionnel du consommateur et peut créer des troubles anxieux, de la paranoïa ou encore de la dépression. Si certains troubles psychiques sont déjà présents préalablement à la consommation, il y a un risque important que ces troubles s’en trouvent aggravés. Certains fumeurs de cannabis trouvent dans leur consommation un moyen de réduire leur stress ou de mieux dormir. Malheureusement, ce soulagement instantané ne dure qu’un temps et on devient vite dépendant du produit. Les effets négatifs du cannabis peuvent avoir un impact considérable sur la vie d’une personne, même s’ils s’estompent progressivement après un sevrage.”

Les fumeurs de cannabis ont-ils plus de risques de développer des maladies mentales qu’une personne non fumeuse ?

“Cette question fait encore débat mais ce dont on est sûr, c’est que le cannabis peut aggraver les symptômes des psychoses comme, par exemple, la schizophrénie. Il y a également un consensus sur le fait que les personnes qui seraient affectées par une psychose qui ne s’est pas encore déclarée, risquent d’accélérer l’apparition de la maladie par leur consommation. Le cannabis ne crée donc pas la psychose mais l’aggrave ou accélère son apparition chez certains usagers.”

Que conseillez-vous aux personnes dépendantes et qui souhaiteraient se désintoxiquer ?

“La première chose à faire est de se demander si on est vraiment prêt à arrêter de consommer. Un sevrage nécessite une vraie motivation, pour soi-même, et pas pour l’entourage ni sous la pression de la société. Si cette motivation est présente, il faut avoir conscience du fait qu’un sevrage, c’est difficile, et qu’il faudra y mettre de l’énergie ainsi que de la volonté pour arriver à tenir bon. Finalement, si la démarche paraît trop ardue, il existe différents soutiens qui peuvent être une aide non négligeable. Certains psychothérapeutes proposent un accompagnement. On peut également trouver un soutien auprès d’associations comme Infor-drogues ou encore auprès des services hospitaliers spécialisés comme la clinique du cannabis à l’hôpital Brugmann. “

Si un proche fume des joints et reste sourd à nos inquiétudes, que pouvons-nous faire pour le pousser à arrêter ?

“On peut s’inquiéter et s’étonner d’une consommation importante de cannabis chez un proche, voir lui faire remarquer les effets secondaires qu’on peut observer, comme les troubles de la mémoire. On peut essayer d’aborder le sujet de la dépendance avec lui et voir où il se situe par rapport à celle-ci. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est essayer de convaincre la personne qui consomme, que le cannabis, c’est mal ou mauvais pour la santé car elle le sait déjà. Inutile également d’essayer de forcer quelqu’un à arrêter, c’est l’échec assuré. Seul un dialogue ouvert et respectueux peut porter ses fruits et amener le consommateur à décider de lui-même qu’il ferait mieux d’arrêter.”

une interview d'Aurore Dister avec Jérémy Royaux, psychothérapeute.