Thérapie brève et hypnose

Jérémy Royaux

se ronger les ongles

Samedi, 10 Décembre 2011 19:28

Arrête de te ronger les ongles !

Tic, toc ou complètement toqué de ses ongles

L’onychophagie, késako ? C’est le terme médical utilisé pour désigner cette (mauvaise) habitude de se ronger les ongles. “ Un enfant sur quatre se ronge les ongles ainsi que de nombreux adultes. Ce n’est pas pour autant considéré comme un trouble obsessionnel compulsif. C’est avant tout un moyen d’évacuer le stress et la nervosité”, explique Jérémy Royaux, pyschothérapeute. Tout un chacun a des mécanismes différents pour évacuer le stress. Certains fument, d’autres font du sport et quelques uns se dépensent sur leurs ongles. “Je pense qu’il n’y a rien d’inquiétant dans le fait de se ronger les ongles, hormis un facteur esthétique. C’est seulement quand l’intensité de cette activité devient très élevée qu’on parlera de trouble. Si on reçoit en consultation quelqu’un qui se ronge les ongles à sang, qui se les arrache complètement, qui attrape des infections, ou qui répète cet acte au point d’avoir des problèmes dentaires et d’être incapable de se contrôler, là, on va parler de trouble obsessionnel compulsif”, continue-t-il. Certaines personnes sont plus concernées que d’autres. “Il semble que c’est une activité courante chez les jeunes enfants mais ce comportement disparaît avec l’âge chez bon nombre d’entre eux. Il est encore fort présent chez les adolescents mais moins chez les adultes. Il semble également que les individus plus stressés et plus introvertis que la moyenne aient une plus grande tendance à se ronger les ongles”, développe M. Royaux. Pour se débarrasser de ce comportement inesthétique, il existe quelques solutions. La personne peut appliquer un produit au goût amer ou un sparadrap sur l’ongle rongé. “Dans le cas de l’onychophagie, peu de gens consultent car ils souffrent peu des conséquences de ce trouble. Ceux qui souhaitent vraiment faire la démarche sont déjà à un stade avancé du trouble. On peut alors, lors d’une thérapie brève ou d’une thérapie cognitivo-comportementale, les aider à construire des objectifs et à mettre de nouvelles habitudes en place pour remplacer celle-là. On leur proposera aussi d’utiliser des compensations : une balle antistress ou tout autre objet qui pourrait être manipulé au lieu de se ronger les ongles. L’hypnose peut également donner un coup de pouce lors de cette démarche”, termine le psyschothérapeute.

une interview d'Aurore Dister (la DH) avec Jérémy Royaux, psychothérapeute