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Royaux J., 2007. Les entretiens de soutien
psychologique par Internet : étude d’une nouvelle pratique (2007)
Comment choisir sa psychothérapie? (article non publié, écrit pour ce
site)
Se décider à aller consulter n'est pas facile...Une fois qu'on a pris cette
décision, un autre problème se pose : vers qui/quoi se tourner? Psychanalyste,
psychologue, psychiatre, analyse, thérapie brève, thérapie cognitivo-comportementale,
PNL, coaching, kinésiologie,... on s'y perd facilement, qu'on soit client ou
thérapeute. Il existe néanmoins quelques règles importantes qui devraient nous
permettre de faire le tri dans tout cela. Ces règles sont une garantie de
qualité nécessaire (mais pas la garantie absolue d'arriver chez un bon
thérapeute, il n'existe aucune garantie de ce type à ce jour).
Formation de base en psychologie
C'est sans doute la règle la plus importante... tous les professionnels sont +-
d'accord sur celle-ci : pour faire de la psychothérapie, il faut une
connaissance générale de la psychologie et de la psychopathologie. Le diplôme
importe peu, qu'on soit gradué en psycho, psychiatre, ou encore infirmier en
santé mentale, voir conseiller conjugal, on aura acquis ces bases lors de nos
études. Dans une moindre mesure, on peut inclure les médecins généralistes et
les assistants sociaux, infirmières et autres paramédicaux, bien que leur
formation au niveau psy est vraiment minimale. En ce qui concerne tous les
autres, évitez les sauf si ils sont reconnus par des pairs ou des institutions
officielles (hôpital, centre de santé mentale,...). On trouve actuellement de
nombreux thérapeutes qui sont formés à faire de la psychothérapie mais qui n'ont
pas les bases en psychopathologie (c'est spécialement le cas du coaching qui
prend un grand essor actuellement)... concrètement, ils savent comment faire
évoluer vos problèmes, mais ne savent pas reconnaitre les différentes
pathologies psychiatriques ni les risques suicidaires, ce qui peut amener plus
de mal que de bien, et c'est ce qui se produit régulièrement. Ceci ne veut pas
dire que seuls les professionnels cités plus haut sont des bons thérapeutes, il
y a d'excellents thérapeutes qui sont à la base économiste, historien,
philosophe ou plombier, seulement rien ne garantit leurs connaissances. Donc
s'ils sont reconnus dans la profession, pas de problème... mais si ce n'est pas
le cas, fuyez vite et loin.
Contact de qualité avec le thérapeute
Les recherches actuelles montrent que le facteur le plus important dans la
réussite d'une thérapie, c'est la relation thérapeutique, pas la méthode
employée. Si votre thérapeute ne vous semble pas empathique, à l'écoute et
respectueux, fuyez vite et loin. Cela ne veut pas dire que le thérapeute doit
vous brosser tous les jours dans le sens du poil, certains d'entre eux emploient
avec succès l'humour et la provocation, mais vous sentirez toujours s'il le fait
pour votre bien ou pas (cela n'empêche pas certains désagréments)
Quelle thérapie?
Nous y voila... la question la plus compliquée. Je vais y répondre d'une manière
un peu réductrice et volontairement simplificatrice, mais qui aura le mérite
d'être claire. Si vous êtes praticien d'une des approches que je vais cité,
veuillez me pardonner mes simplifications. Ce qui suit n'est pas une vérité mais
ma perception personnelle.
La psychanalyse : essentiellement une méthode de connaissance de soi et
de réflexion sur notre propre vie, nos actions, comportements et émotions, en
lien avec notre passé. de nombreux psychanalystes et autres intervenants de la
santé mentale considère que la psychanalyse n'est PAS une psychothérapie. Le but
n'est pas de guérir ou d'alléger les symptômes ou le problème du patient mais de
l'aider à se poser des questions, réfléchir, comprendre. De nombreux patients
s'en plaignent sur les forums psy "mon psy ne dit rien, ca n'avance pas, ...".
Cela est du à une mauvaise conception de la psychanalyse, les patients n'étant
pas toujours au courant de ce qui est écrit plus haut dans ce paragraphe. En
résumé, si vous voulez réfléchir sur le sens des choses et pas spécialement
chercher un changement rapide, la psychanalyse peut vous aider. Ces thérapies
durent plusieurs années et coutent cher, même si on voit de plus en plus de
thérapeutes proposer des thérapies à orientation analytique plus courtes (6mois
à 1/2ans).
Les thérapies cognitivo-comportementales : elles sont en plein essor et
ont acquis une place majeure dans les universités. Cette approche est la seule à
se baser au maximum sur une approche expérimentale et scientifique (chaque
théorie ou protocole de traitement est évalué, testé, amélioré, retestée,...de la
manière la plus objective possible, ce qui permet une constante évolution vers
plus d'efficacité. Ces thérapies s'occupent peu du passé et de la recherche des
causes profondes, elles visent surtout à comprendre le symptôme et à le guérir
au mieux. Pour cela, on analyse avec précision votre fonctionnement, vos
pensées, vos comportements et on vous aidera à évoluer vers quelque chose de
plus positif pour vous, si possible en faisant disparaitre ou diminuer vos
symptômes psychologies. Le thérapeute est ici beaucoup plus actif que le
psychanalyste, et il vous demandera de vous investir activement dans la
thérapie. Le nombre de consultations varie suivant le problème mais une durée
estimée ainsi que des objectifs précis seront fixés en début de thérapie.
Parfois le patient s'engage pour une quinzaine de séances, parfois plus, mais
certainement pas pour des années de thérapie.
Les approches systémiques : elles ont également acquis une place
importante dans les universités et forment, avec les TCC et la psychanalyse, le
"trio de tête" des thérapies les plus pratiquées et étudiées. Ici, on
s'intéresse aux "systèmes". Chaque patient est vu comme un élément d'un système
(la famille, les collègues de travail,...) et tous les éléments interagissent
les uns sur les autres. Pour la systémique, le symptôme est le résultat des
interactions entre le patient et son environnement. La recherche des causes
profondes et le travail sur le passé sont peu importants, on travaille dans
l'ici et maintenant car les problèmes qui se répètent depuis longtemps sont
maintenus par des interactions que nous pouvons changer dans le présent.
plusieurs courants existent dans le champ de la systémique, certains travaillent
uniquement avec les familles ou les couples, d'autres, comme la thérapie
systémique brève, travaillent plutôt avec le patient en individuel (mais
continuent à tenir compte des interactions, simplement on fait le choix de ne
pas inclure tout le système dans la thérapie). Il y a un noyau commun à toutes
ces approches (une vision interactionnelle) mais la manière de travailler varie
donc assez fort, certains thérapeutes sont plus stratégiques que d'autres
(certains vont utiliser un peu plus de provocation, demander de réaliser des
taches à la maison, utiliser ou non l'hypnose,...). Ce style de thérapie
peut être très court, une dizaine de séance, ou plus long si nécessaire, mais
pas question ici de faire des années de thérapie comme en analyse. Ces thérapies
sont assez actives pour le patient comme pour le thérapeute.
Les psychiatres et psychologues non spécialisés : toutes les approches
que je viens de citer sont utilisées par des gens qui ont suivi une formation
complémentaire en psychothérapie, en plus de leurs études de base. Le diplôme en
psychologie ou en psychiatrie ne forme pas à la thérapie, mais de nombreux
psychologues et psychiatres font des entretiens de soutien (ce terme est peu
utilisé mais correspond parfaitement à la réalité de leur travail. Pourquoi de
la thérapie de soutien? simplement parce que ils ne sont pas formés à la
thérapie, ils vont donc vous offrir une écoute active, vous aidez à réfléchir, à
y voir plus clair, ou vous soutenir, mais pas vous aider à changer activement.
En résumé, si vous avez un problème à régler, évitez les intervenants qui ne
sont pas spécialisés dans l'une ou l'autre approche psychothérapeutique. Si vous
avez juste besoin de parler ou d'être soutenu, voir orienté, ces intervenants
peuvent être un bon choix.
Quelques conseils pour la fin : Il existe de nombreuses autres
approches en psychothérapie. Certaines sont +- reconnues et +- validées comme
l'EMDR, L'hypnose, la pleine conscience (mindfulness),... et de nombreuses
autres qui sont considérées comme des pseudosciences (ne veut pas dire qu'elles
ne font aucun effet positif, mais la recherche scientifique actuelle dénonce les
théories fausses voir frauduleuses ou sectaires sur lesquelles elles se basent):
le reiki, la psychogénéalogie, la méthode des constellations familiales, la
morphopsychologie...A
éviter aussi, tout thérapeute ou centre de thérapie qui se présente d'une façon
trop commerciale ou triomphaliste. Il n'y a pas de thérapie miracle ! et payer
très cher n'est pas une garantie pour plus d'efficacité, il y a des
thérapeutes très qualifiés et très expérimentés qui sont reconnus depuis
longtemps dans le champ de la santé mentale et qui demandent 30-40 euros par
séance (voir deux fois moins dans certains planning familiaux ou services de
santé mentales destinés aux étudiants). Un thérapeute qui demande 80 euros la
séance, c'est cher payé pour pas grand chose de plus. En ce qui concerne les
entretiens par internet, les recherches actuelles montrent qu'ils peuvent être
efficaces et de qualités si le thérapeute est compétent avec cette méthode. Ici
aussi, évitez les sites très marketing, trop chers et surtout évitez ceux qui ne
donnent aucune informations sur le parcours professionnel du thérapeute.